Histoire du Safran

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Histoire du Safran

L’histoire du safran est vieille de plusieurs millénaires, traversant différents continents et civilisations.

Le safran est évoqué dans les épopées d’Homère (Illiade, chant VIII; Illiade, chant XIX) où l’aurore est décrite parée de voiles de safran ou portant une robe de safran.

La précieuse fleur est aussi citée dans les poèmes de Virgile et louée dans la Bible par le roi Salomon dans le Cantique des Cantiques (4:14).

Dans l’Egypte ancienne, les vertus médicinales du safran sont décrites dans le papyrus Ebers (datant de 1550 avant J.C). Le safran y possède son propre hiéroglyphe et est cité dans de nombreuses formules médicales. A cette époque, le safran était aussi utilisé lors du rituel de l’embaumement des momies féminines. Avant d’être recouverts de résine, les corps des femmes étaient peints à base d’une poudre de safran.

On attribuait aussi au safran des vertus aphrodisiaques. Ainsi, Cléopâtre se serait servi de safran qu’elle versait dans ses bains chauds pour bénéficier de ses propriétés cosmétiques. Elle l’aurait aussi utilisé avant de rencontrer des hommes, croyant en ses vertus aphrodisiaques.


Dans la Perse antique, le safran était omniprésent – utilisé pendant l’empire Achéménide comme condiment à la cour mais aussi comme colorant pour teinter des papiers administratifs et pour teinter l’encre qui servait à l’écriture des décrets impériaux. Une inscription du Palais de Cyrus à Persépolis datant de -500 avant J.C mentionne son emploi comme condiment et colorant mais le safran était déjà cultivé dans l’empire perse dans les régions du Khorasan (Nord-Est) et d’Ispahan (plateau central) en -1 000 avant J.C. Cette association entre royauté persane et safran est aussi présente dans la littérature grecque antique. Dans la tragédie d’Eschyle Les Perses, le roi Darius est décrit comme surgissant du royaume des morts « coiffé de la tiare étincelante et chaussé de babouches de safran ».

Le safran est aussi très présent dans la culture gréco-romaine. La récolte du safran ainsi que des propriétés médicinales sont illustrées par deux fresques retrouvées lors de fouilles dans le palais de Knossos en Crète et datant de l’époque minoenne. L’une représente des fleurs ramassées par des jeunes filles et l’autre une femme utilisant du safran pour soigner son pied.

Dans la Rome antique, les vertus aphrodisiaques prêtées au safran ont contribué à étendre sa réputation et son usage. Les thermes proposaient des bains safranés comme thérapie revitalisante et dans les gymnases, l’usage d’huiles safranées était un signe de grand raffinement.